Expérience maraichage

Posted by on 30 novembre 2016

 

 En Octobre 2015, deux habitants de Tia, Mahamoudou Zemba et Karim Zemba ont initié une expérience de maraîchage avec les spéculations suivantes ; Aubergines sauvages, concombres, courgettes.

Le périmètre de 2oo m², choisi pour l’essai maraîchage était à environ 300 mètres du forage.

 Que peut- on tirer comme conclusions de cette expérience ?

L’expérience a été concluante, dans le sens où les légumes sont bien sortis du sol de Tia, et les productions sont arrivées à terme puisqu’elles ont apporté une diversification d’alimentation pour deux familles et que le surplus vendu a rapporté 12 000 CFA au total que Mahamoudou et Karim se sont partagés. On peut aussi en conclure que la composition des sols de Tia autorise une activité maraîchère.

Mahamoudou et Karim ont tous les deux étés saisonniers au village voisin de Bangtugdo, ce qui leur a permis d’engranger une formation traditionnelle de la pratique du maraîchage. Ils ont pu bénéficier d’une petite motopompe prêtée par le village de Bangtugdo, ce qui a facilité le pompage de l’eau du forage, sans toutefois l’acheminer jusqu’au périmètre de maraîchage.

En octobre, au Burkina Faso, la saison pluvieuse, en général, n’est pas tout à fait terminée, des résidus de mousson subsistent, ce qui permet aux sols de ne pas être desséchés et ainsi pouvoir espacer la corvée d’arrosage à bras d’hommes.

Pourquoi ; l’expérience n’a-t-elle pas continué ?

Fin octobre, Mahamoudou et Karim ont dû restituer la petite moto pompe à son propriétaire. Ce qui signifie que l’eau devait être puisée à la force des bras et avec une pompe Volonta équipant le forage ;  la tâche est difficile, et nécessite une grosse dépense d’énergie. De plus, le transport de l’eau du forage au périmètre de maraîchage avec les arrosoirs occasionne beaucoup de perte d’eau.

Pourtant le périmètre à irriguer n’était pas trop éloigné du forage et n’occupait pas une grande surface. On est alors, en droit de se demander comment celles ou ceux qui posséderont des parcelles très éloignées du point d’eau devront dépenser d’énergie et de perte d’eau pour pouvoir arroser ? 200 m² à irriguer, ce ne sont pas 2 hectares.

Ainsi, demander à des hommes et des femmes une telle dépense d’énergie pour l’irrigation du maraîchage, surtout en saison chaude – Mars, Avril, Mai, voire Juin –  est un projet voué à l’échec même à court terme, tournant le dos à la création d’une Activité Génératrice de Revenus, car il y aura beaucoup d’abandon.

C’est pourquoi afin de donner au village de Tia, une réelle chance, grâce à une activité génératrice de revenus, de sortir du déficit alimentaire chronique auquel les habitants de Tia sont de plus en plus  confrontés en raison des dérèglements climatiques – saison pluvieuse plus courte et pluies diluviennes qui ruinent l’agriculture traditionnelle, Il est nécessaire, d’aménager un périmètre irrigué, doté d’infrastructures efficientes, si l’on veut aider conséquemment le village de Tia à sortir de la pauvreté.

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