TIA, un village

Tia est un petit village enclavé du Burkina Faso, situé à une cinquantaine de kilomètres de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, dans la province du Bulkiemdé. Le village de Tia ne possède aucune infrastructure communale et dépend de la communede Siglé. L’école de trois classes de Tia est d’ailleurs l’unique bâtiment construit en dur, et reçois environ 160 élèves.

 


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Aucun cours d’eau ne traverse Tia. Trois forages en état de fonctionnement tentent d’alimenter les besoins en eaux de la population. Peuplé de 175 familles, le village compte environ 1500 habitants, tous agriculteurs/éleveurs. Le mil, le petit mil, le maïs et les arachides sont les principales cultures pratiquées pour la consommation domestique des ménages. Les produits agricoles ne sont ordinairement pas vendus car les récoltes sont insuffisantes et peine à nourrir les familles. Quant à l’élevage, il s’agit de petits bétails (ovins et porcins), quelques têtes par familles qui ne sont pas là pour être consommer mais bien plutôt en tant qu’assurance maladie, c’est-à-dire vendues pour payer les ordonnances médicales ou abattues lors des grandes fêtes (mariages, funérailles, fêtes religieuses).

L’exode rural des jeunes est massif car il n’y a aucune activité génératrice digne de ce nom pouvant les motiver à demeurer au village en dehors de l’hivernage (saison pluvieuse). La majorité des villageois (e) est d’ailleurs inactive durant huit mois de l’année (saison sèche).

Tia est situé dans la région du Plateau Central du Burkina Faso qui fait partie des régions du monde les moins arrosées. Son climat est de type soudano-sahélien, avec une moyenne pluviométrique annuelle de 600 mm d’eau. De plus la pluviométrie est des plus capricieuses. Certaines années, il ne pleut même pas 3 mois, et provoque une sécheresse rendant impossible la maturité des récoltes tandis que d’autres années, il pleut trop et les récoltes pourrissent. La conséquence de cette situation est un déficit alimentaire enregistré à la fin de chaque campagne agricole. Ce phénomène récurrent est cause d’insécurité alimentaire à court terme et à long terme. La rareté et la mauvaise répartition des pluies provoquent des migrations de plus en plus fortes des populations , principalement du Nord et du Centre vers les villes et le Sud-ouest du Burkina Faso et les pays côtiers (Côte d’Ivoire).

La sécurité alimentaire peut se définir comme « l’accès durable et assuré pour tous les groupes et individus sociaux à la nourriture pour satisfaire le besoin alimentaire » (FAO). C’est aussi « l’accès pour toute personne et à tout moment à une nourriture saine et suffisante pour mener une activité active en pleine santé » (Banque Mondiale)

Tel n’est pas le cas au village de Tia, où la sécheresse et l’insécurité alimentaire prévalent. Chaque année, il existe une période de « soudure » (de mai à octobre dans le meilleur des cas) où les greniers à mil et à maïs sont vides et où l’accès à la nourriture devient très problématique faute de moyens financiers et il ne reste que les feuilles et les arachides à manger. D’ailleurs en 2012, une intervention financée par l’Académie des Philosophes Masqués (APM) a été nécessaire pour approvisionner les villageois avec 175 sacs de mils de 100 kg afin de juguler la famine et stopper la mortalité au village de Tia.