La problématique de l’eau au Burkina Faso

L’eau tient une grande place dans la vie de l’homme. Sans elle aucune vie n’est possible, sans elle, c’est le désert;  les hommes, les animaux et les plantes meurent. L’eau est vitale pour tout organisme vivant.

Cependant l’un des problèmes majeurs du Burkina Faso est son déficit en eau.
Ce qu’il faut savoir, c’est que les membres d’une famille vivant en zone sahélienne – et en ce qui nous concerne, le village de Tia en fait partie – disposent selon certaines statistiques de 10 à 40 litres d’eau par jour et par personne, pour boire, faire la cuisine et se laver. Alors que les Européens
et les Américains du Nord consomment 300 à 600 litres d’eau. Ce rapport résume à lui seul l’acuité de la question de l’ accès à cette denrée rare et précieuse dans une zone où les précipitations annuelles moyennes varient de 300 à 750mm.

1. Les causes

La cause majeure de ce manque d’eau provient d’un climat capricieux marqué non seulement par la faiblesse de la pluviométrie, sa concentration sur une courte période de l’année, mais aussi par la variabilité spatiale annuelle et inter annuelle de la distribution des pluies. A cela se sont ajoutés,
depuis le début des années 1970, des dérèglements chroniques et de grande ampleur du climat, et  donc du régime des pluies, se traduisant notamment par des séries de sécheresses ponctuées par des épisodes de famine et de pénurie d’eau de boisson.
Le Burkina Faso n’en est pas une exception.  C’est pourquoi, l’eau est une préoccupation quotidienne  au Burkina Faso, où le Nord se rapproche du désert et du sahel.
En outre, le développement économique est entravé notamment par l’enclavement du pays et la pauvreté de ses sols latéritiques qui ne retiennent pas l’eau. L’approvisionnement en eau constitue un problème crucial en saison sèche où les possibilités d’irrigation sont réduites.

Environ 11% des terres sont cultivables, parfois de façon itinérante.
Le problème de l’eau potable pour les populations rurales des pays sahéliens comme le Burkina Faso est capital. Il y a de cela plusieurs années, les pluies étaient abondantes et les puits creusés à la main par des moyens simples pouvaient alimenter les besoins en eau.

1.1 L’hydrographie

1.1.1 Les fleuves

Le plus long des fleuves est le Mouhoun (ex-Volta Noire à l’Ouest du Burkina. Après avoir capté le Sourou son affluent, il rejoint le Nakambé (ex- Volta Blanche) au Ghana pour y former l’immense lac Volta. Les deux anciennes Volta, La Volta Rouge – Nazinon – et la Volta Blanche – le Nakambé
– traversent le centre du pays du nord au Sud. Le Nakambé est alimenté par les lacs Bam, Dem et Sian. Plus à l’Ouest, le fleuve Camoé communiquant avec le lac de Tengréla pénètre en Côte d’Ivoire.

La particularité de ces fleuves qui ne font que traverser le Burkina Faso est ,qu’en saison sèche, ils se tarissent. On peut même les traverser à pied

1.1.2 Les barrages

Les barrages de Kompienga, Bagré et Ziga permettent d’alimenter les grandes agglomérations en eau courante . Les villages quant à eux, pour la plupart, ne possèdent pas de barrages.
Notons aussi que la forte évaporation des plans d’eau rend précaire et non pérennes, voir inexploitable de nombreux lacs aux périodes critiques de l’année. Sur 1450 barrages et retenues d’eau, seulement 400 sont pérennes.

2 Les conséquences

2.1 L’agriculture et l’élevage

Traditionnellement, l’agriculture est l’activité économique la plus importante au Burkina Faso, elle occupe plus de 84,1 % de la population active. La majeure partie des terres cultivées est consacrée à la production de céréales, surtout le petit mil dans le nord du pays. Ces cultures vivrières occupent
73% des terres cultivés au Burkina Faso. La production est structurellement aléatoire dans les zones sahéliennes à proprement parler (200à 500mm d’eau par an).
Le système de cultures, principalement développé au Nord du Burkina Faso est le système pluvial.
Les cultures sont réalisées en « Hivernage », de juin à octobre, sans irrigation. Les récoltes se font entre novembre et décembre.
L’agriculture pluviale concerne principalement les céréales: Le mil, le sorgho, le fonio et le maïs mais aussi des cultures de rente comme l’arachide.
Cependant, les aléas climatiques peuvent encore être aujourd’hui être à l’origine de disettes, malgré une amélioration de la gestion des risques depuis 20 ans.
L’agriculture irriguée dans la zone sahel est peu développée, pour des raisons techniques (maitrise de l’eau), financières (coût des investissements) et culturelle (absence de traditions). Elle permet pourtant d’obtenir deux (2) récoltes par an; alors que la forte dépendance à la pluviométrie rend le
secteur agricole vulnérable aux sécheresses récurrentes et imprévisibles
En dépit de ses efforts pour développer la production, le Burkina Faso ne parvient pas à l’autosuffisance alimentaire dans le domaine vivrier et doit importer des milliers de tonnes de céréales par an.
Le rendement de l’élevage est freiné par la diminution des pâturages et le sur-pâturage dus à la
sécheresse et produit une désertification du Nord du pays. Rappelons pour mémoire que le cheptel a été fortement décimé par les sécheresse périodiques, notamment celles de 1964 et de 1984/85.
Un des problèmes importants pour les relations eau-environnement est l’absence d’une politique de l’eau efficace, susceptible de faire appliquer les dispositions prévues par la loi sur l’eau 002-2001 /AN (loi qui vise à une gestion intégrée des ressources)

2.2 Les maladies liées à l’eau

« L’eau c’est la vie ».Tout le monde le sait. Cependant les pays du sahel sont plus victimes de la mauvaise qualité de l’eau que les autres. la sècheresse dans les pays du sahel est préjudiciable et l’eau se fait rare, les populations en souffrent et l’eau devient alors, porteuse de mort.
D’après l’OMS, l’eau est considérée comme « potable » ou « salubre », dès qu’il est possible de la consommer sans risque. C’est encore l’OMS qui évalue sa mise à disposition en milieu rural : Que
tout individu ne doit pas être obligé de marcher plus de 20mn Évidemment, l’eau est utilisée   quotidiennement et à plusieurs occasions dans la journée. C’est pourquoi l’eau est un facteur efficace pour la transmission des maladies.

a) l’eau de boisson

Si l’eau que l’on boit n’est pas potable, elle peut entrainer l’apparition de maladies parfois mortelles
*Les diarrhées infantiles : absorption d’aliments souillés ou d’eau non potable
*La poliomyélite : absorption d’aliments souillés ou d’eau non potable
*La typhoïde: absorption d’aliments souillés ou d’eau non potable
*Les dysenteries : absorption d’aliments souillés ou d’eau non potable
*L’ascaridiose : absorption d’aliments souillés ou d’eau non potable
*Le Choléra. absorption d’eau non potable ou d’aliments contaminés
*L’infestation par le ver de Guinée (Dracunculose). C’est une affection invalidante, liée à la
pauvreté , par manque d’accès à l’eau potable. Le vecteur de cette maladie est un crustacé
microscopique contenu dans l’eau des mares et des puits traditionnels non protégés. La
dracunculose est prévalente au Burkina Faso

b) L’eau pour le lavage

Si l’eau dans laquelle on se lave est insalubre, souvent si l’eau stagne, elle peut contenir des agents
ou des vecteurs de maladies:
*La bilharziose
*Le ver de Guinée
Toutes ces maladies sont malheureusement bien connues au Burkina Faso. Beaucoup de maladies
courantes et meurtrières dans les villages sont liées à l’eau non potable et/ou au manque d’hygiène.
« L’eau et l’assainissement sont les principaux indicateurs de santé publique. Je me réfère souvent à eux comme « Santé 101 », ceci signifie qu’une fois que nous pourrons garantir l’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires adéquates pour toutes les personnes, indépendamment des différences de condition de vie, une bataille énorme contre toutes sortes de maladies sera gagnée.  »
Dr LEE Jong-wook, Directeur général, Organisation mondiale de la Santé.

3 Perspectives et solutions

Maitriser l’eau pour faire reculer la faim » Dans le contexte du Sahel, les ambitions de lutte contre
la pauvreté et de développement de la région, c’est-à-dire de croissance économique forte et
soutenue sur une longue période, se trouvent relégués au second plan par des préoccupations de
survie.
Une frange très importante de la population, surtout celle démunie des zones rurales n’a toujours pas accès à l’eau potable, ne parlons pas de l’accès aux systèmes d’assainissement de façon durable ;
La maitrise de l’eau est la clé du problème sahélien parce que cette région souffre moins de
disponibilité absolue de la ressource en eau que de sa mauvaise distribution dans l’espace et dans le
temps, ainsi que de la grande imprévisibilité de cette distribution.
Signalons aussi la très faible mise en valeur des ressources en eau dont dispose le Sahel alors que
d’énormes quantité d’eau sont stockées dans les nappes souterraines
Gérer l’eau dans un contexte d’incertitudes et de risques, c’est là le défi que nous devons relever
L’absence d’eau durant les périodes de sécheresse a des conséquences désastreuses sur l’agriculture, l’élevage, l’hygiène et la santé et par voie de conséquences sur l’alimentation des populations rurales.
Mobiliser les compétences, les savoir-faire et les ressources financières pour faire de la maitrise de l’eau une priorité stratégique de première importance afin de réduire la vulnérabilité structurelle de la région et à notre niveau , celle du village de Tia.
Pour remédier à ce problème, il faut des barrages, des forages, des  puits. Ceux -ci doivent être
construits d’après les normes réglementaires et accessibles à toutes le communautés villageoises.

Il faut des forages adaptés pour répondre au besoin d’une population toujours grandissante dans le but de faire face à une malnutrition endémique par le développement des cultures vivrières et de maraîchages afin d’atteindre dans un premier temps, l’autosuffisance alimentaire et dans un second temps, produire des surplus pour développer des activités génératrices de revenus au profit des populations rurales du Burkina Faso.
Et surtout, développer une politique de l’eau qui vise à rendre l’eau potable plus accessible aux
villageois
• Le taux de couverture des besoins en eau au Burkina Faso n’est que de 50% dans les villes et
quasi-inexistant en brousse
• La question de l’accès à l’eau potable pour les habitants de Tia est objectif prioritaire de
notre projet Song’f menga.
• Renforcer les capacités locales pour un accès durable des populations aux services d’eau
• Les villageois n’ont pas conscience des principales règles d’hygiène. De plus, suite à une
enquête, il en ressort que la population n’a non plus pas conscience des risques liés à la
consommation d’eau non-potable . Cette consommation d’eau insalubre entraine de
nombreuses maladies que nous venons de citer .
• l’économie locale du village de Tia est basée avant tout sur l’agriculture saisonnière, bien
insuffisantes à satisfaire les besoins alimentaires de tout le village, a fortiori les années de
sécheresse ou de déficit pluviométrique
• Par ailleurs, le temps consacré à l’acheminement de l’eau pour les familles empêche
notamment les femmes d’avoir une activité économique.
En bref, on comprendra facilement la position de notre association dans un contexte de lutte contre la pauvreté par un développement responsable et durable, la requête d’un forage pour la population rurale de Tia.

Ce forage dans un premier temps permettra de pourvoir aux besoins en eau potable
de tous les villageois (es) et ainsi d’améliorer leur santé, l’agriculture et l’élevage. La mise en œuvre de cultures maraîchères et de cultures de contre-saison contribueront à lutter pour atteindre l’autosuffisance alimentaire d’une part, et dans un deuxième temps, dégageront des revenus d’appoint pour les familles et viseront enfin à un développement économique du village de Tia dans le respect de la définition du développement durable.

L’Académie des Philosophes Masqués, mars 2012