Le maraîchage irrigué, un nouveau projet

 

 

La terre du village est composée de sols latéritiques, qui sont des sols maigres, lessivés et appauvris en éléments nutritifs fertilisants ; la pluviométrie de la zone soudano-sahélienne se situe aux alentours de 600mm par an, qui sont des valeurs étonnamment similaires aux relevés notés à Paris, mais réparties au Burkina sur quatre mois seulement.

 On distingue deux saisons inégales; une saison d’hivernage qu’on appelle saison des pluies, qui dure de 3 à 4 mois (juin à septembre), et une saison sèche de 8 à 9 mois (octobre à juin). Avec des températures moyennes comprises entre 30° et 38°, on comprendra rapidement que la culture en dehors de la saison des pluies est impossible dans cette région, si une action volontariste, aidée par un programme d’irrigation, n’intervient pas.

 Le maraîchage irrigué constitue ainsi une alternative pendant la saison sèche.

Des bassins de retenue d’eau, captés à partir du forage situé à proximité,  peuvent servir à une culture de contre-saison pendant la période sèche et ainsi permettre un complément aux cultures céréalières (mil, petit mil, arachide, sorgho, essais de culture pluviale de riz). Le maraîchage irrigué constitue alors une alternative pour les paysans afin d’augmenter leurs faibles revenus, améliorer leur apport en nourriture variée et diminuer leur dépendance au climat. Mais, les méthodes trop archaïques, les outils trop rudimentaires, la mauvaise organisation des acteurs, par manque d’encadrement et de moyens financiers, empêchent l’irrigation d’être réellement efficace. Il est à noter que la manque d’apport d’eau (par irrigation) reste et demeure le principal obstacle à un réel progrès en la matière.

 Dans cette activité de culture de contre-saison, il s’agit d’aménager les périmètres des 5 hectares mis à disposition du village d’un système d’irrigation afin de pouvoir cultiver durant la saison sèche ; l’objectif est, de guider la population rurale de TIA vers une autosuffisance, en réduisant le déficit alimentaire récurrent qui sévit au village, et à terme, de créer une activité génératrice de revenus par la vente du surplus et la transformation des légumes.

 Une première étape, consistant à l’irrigation sur deux hectares a été définie avec pour objectifs :

  • Vérifier sur un échantillon l’adéquation du résultat obtenu avec les attendus du projet, notamment parvenir à l’urgente nécessité d’autosuffisance alimentaire (déterminer à ce propos la taille d’une parcelle nécessaire à cet objectif).
  • Consolider les connaissances en culture maraîchère.
  • Se mettre en situation pour réaliser la généralisation à l’ensemble des familles.

Les investissements suivants nécessaires à cette première étape sont envisagés :

  • L’achat d’une motopompe qui sera installée sur le puits mis en œuvre en 2013.
  • La construction de réservoirs d’eau implantés à proximité des parcelles mises à disposition des familles.
  • L’aménagement de tuyaux en PVC pour acheminer l’eau qui sera remontée par la motopompe vers les réservoirs d’eau.
  • La mise à disposition de matériels aratoires, semences et engrais.
  • La réalisation de sessions de formation.