Visite ferme pilote de Guié

Posted by on 30 novembre 2016

Nous nous sommes rendus à la ferme pilote de Guié le samedi 13 février 2016, accompagné de Yamina Belghoul, Présidente de l’Académie des Philosophes Masqués (APM), de Mahamoudou Zemba, (futur) animateur producteur endogène du projet maraîchage à Tia et de son fils Innoussa, instituteur, de Christian Lacoste et de moi-même, tous deux membres de Solidarité Tia.

La ferme de Guié se situe à 60 kilomètres au nord de Ouagadougou. Crée en 1989 de la rencontre de Mr Henri Girard, jeune Français diplômé d’Agronomie et d’un groupement de producteur agricole d’un petit village, Guié, tous décidés à lutter contre la désertification des terres et la malnutrition des villageois. En trente ans, ils ont réussi à bien des égards à gagner la confiance des habitants des communes reculées de la sous région, mais aussi a gagner une notoriété et une reconnaissance internationale. Aujourd’hui, la ferme de Guié, accompagné par l’AZN et Terre Verte, comprend plus de 100 hectares, et trois communes. Elle s’est étendue à trois autres sites, la ferme de Filly, de Goéma et depuis peu la ferme de Barga, représentant plusieurs dizaines de villages, et environ trois cent hectares de périmètre de cultures bocagères.

Il nous aura fallu ce jour là trois heures de routes et quelques contrôles de police, sous une bonne chaleur et un fort soleil, pour arriver à destination. 

Nous avons été reçus par un adjoint de Pascal Sawadogo, Benjamin. Le début de la visite commence à la pépinière, partie réservée à la fourniture des arbres pour la constitution des haies vives, des bordures de routes et l’ornementation autour du site. Un rôle important est aussi l’engagement pour le reboisement, dont l’action consiste à lutter contre la désertification et l’appauvrissement des sols. Un atelier de la pépinière s’occupe de la récupération des graines, des valorisations des productions (par exemple tomates séchées et graines de Nimier lors de notre passage).

Notre visite ensuite nous a conduit vers le hangar à matériels. Un atelier local produit du matériel agricole, sommaire mais robuste et adapté aux moyens et aux besoins de la région.  

La partie élevage et production de fumure est un pôle important pour la réussite de l’expérimentation, ou le symbole de l’échange entre l’animal et la terre prend tout son sens, mais ne visait pas directement ce jour là la raison de notre visite. De même pour les jardins familiaux, qui constituent néanmoins un bel exemple de réussite de petits maraîchages de proximité.

Le grand périmètre, constitué d’une centaine d’hectare, a suscité un grand intérêt de la part de Mahamoudou Zemba et de nous même. Il représente un projet très abouti de planification agricole, mêlant technique ancienne (le zaî), entraide villageoise, rotation culturale et production durable, et qui permet de souscrire un grand espoir de réduire les déficits alimentaires et de créer de véritables sources d’activités génératrices de revenues. L’activité est une performance très intéressante pour le devenir de l’agriculture sub-saharienne dans l’avenir, en saison pluvieuse. Il nous faudra travailler dans ce sens avec les agriculteurs de Tia dans un futur proche pour certainement arriver à élever de manière conséquente les rendements des cultures de saison pluvieuse, qui constitue l’essentiel de l’apport alimentaire et financier des villageois. Tout en préservant le sens important du développement durable !…

Les autres parties du projet de Guié, qui ne constituaient pas la priorité de notre venue, sont constitués par un orphelinat, un centre de formation aux techniques culturales et d’élevage, un dispensaire et des commissions travaillant sur la communication et l’éducation.

Ce voyage devait nous permettre de répondre à un certain nombre de questions, ce qui a été en partie fait, afin de désigner nos objectifs et de nous permettre de développer les ambitions du village pour l’avenir.

Les membres burkinabés et Français de nos deux associations, fort de cette rencontre riche, sont repartis avec pleins d’espoir et d’énergie pour travailler à l’aboutissement du projet de maraîchage à Tia.

Un DVD de la ferme pilote nous a été offert, et sera projeté rapidement aux habitants de Tia. Le village ne disposant pas d’électricité, il sera nécessaire d’aller au village voisin, Laye. Nous envisageons aussi dans l’avenir un déplacement en car pour l’ensemble des participants au projet, soit une soixantaine de personnes, afin de visiter le site pilote de Guié. Ce sera une belle aventure pour beaucoup de villageois qui ont peu emprunté dans l’ensemble les routes goudronnées de Burkina Faso, et un voyage certainement porteur d’espoir pour l’ensemble de la communauté.

Olivier Nedelcu

 

Site Web: AZT, http://azn-guie-burkina.org/

Le relais en France de l’association burkinabé: Terre Verte: http://eauterreverdure.org/

Un film très intéressant produit par Terre Verte: Wégoubri, le film: http://eauterreverdure.org/azn-guie-burkina.org/les-films-de-lazn/

 

 

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